LES DÉFIS TECHNIQUES

 

Si la troisième section du chantier de l’élargissement de l’A9 est la plus courte, ses 9 kilomètres entre Le Boulou et la frontière espagnole constituent de véritables défis techniques.

Paul Delplace, le directeur de projet Eiffage Génie Civil qui pilote le chantier, le reconnaît : « Nous avons cette expérience, mais c'est vrai que ce genre de chantier reste peu courant ». Et pour cause, le chantier prévoit l'élargissement de quatre viaducs, dont trois perchés sur des piles à plus de 50 mètres de hauteur, le tout en pleine montagne. « Nous avons déjà eu à élargir des viaducs. Habituellement, on reconstruit intégralement un nouvel ouvrage. Mais sur ce chantier, vu la topographie, c'est quasiment impossible ! ». Le travail s'effectue donc de façon différente : les chevêtres vont être renforcés à partir d'une plateforme accrochée sur la pile actuelle. Ils permettront ensuite de soutenir des poutrelles métalliques, placées à l'aide d'une grue depuis l'autoroute.

L'opération est spectaculaire, d'autant que ces travaux s'effectuent de nuit, et sous circulation. Or, 40 000 véhicules empruntent cette section chaque jour dont un quart de poids lourds, souvent utilisateurs d'une autoroute ferroviaire dont le terminus se situe au Boulou. À cela s'ajoute la tramontane qui peut souffler violemment plusieurs jours d'affilée et empêcher le travail en hauteur, pour des raisons de sécurité. « Cela nous demande un phasage très précis et très complexe », explique Paul Delplace. « Nous devons être parfaitement coordonnés avec les équipes de VINCI Autoroutes. Nous n'avons absolument pas le droit à l'erreur. »